Comment aller avec les changements ?



Qui ne veut pas que « Ça change » ? Très peu de monde à partir du moment où c’est l’autre qui « doit changer ».


Le changement est désiré, pour ne pas dire attendu avec impatience, par nombre de personnes. Que cela concerne le temps gris et pluvieux qu’on souhaiterai voir remplacé par des journées printanières ensoleillées (et tout ce qu’elles nous permettent de réaliser), la couleur du parti politique dominant du moment, son chef qu’on trouve trop autoritaire, son/sa partenaire dont certaines habitudes nous horripilent … Tout peut y passer !


Ça serait tellement mieux (pour nous) si l’autre (voir carrément LES autreS) pouvaient changer. Notre vie s’en porterait tellement mieux qu’il en devient presque impensable que l’autre ne comprenne pas l’importance de changer. Oui, mais en l’occurrence c’est semble-t-il nous qui sommes les premiers dérangés, non ?


Alors pourquoi les changements nous font-ils si peur quand c’est nous qui devons changer ? Pourquoi tentons-nous parfois à ce point de nous débarrasser de cette peur en projetant sur l’autre ce besoin de changer que nous ne nous accordons pas ?


Pourquoi changer est-il aussi inconfortable ?


Qu’il s’agisse de changement de vie dans le cadre privé ou professionnel, même combat ! Une lutte avec soi-même qui se passe en arrière-plan de notre conscience. Un tiraillement entre l’appel du nouveau et la peur du nouveau. Le confort du connu et l’inconfort de l’inconnu. La double attraction de l’arbre et de la pirogue. Le besoin de s’enraciner et celui de partir à l’aventure de la vie. Bref ... c’est la tempête émotionnelle qui nous fige sur place avec la trouille au ventre.


Les entreprises ont bien compris que certains affectionnent les changements quand d’autres sont figés à l’idée de changer. C’est pourquoi elles accompagnement leurs changements importants de moyens parfois conséquents afin de fluidifier la « Conduite du changement ».


Une fois encore, c’est en ouvrant notre conscience, en regardant au-delà des apparences, en sortant de nos (pseudo)certitudes, que des clefs de compréhensions peuvent être perçues.


Savoir que nous hébergeons en nous plusieurs personnalités (p.ex. l’aventurier en soif d’explorer des nouveaux possibles, le pragmatique qui gère les finances d’une main de maitre, le conservateur qui trouve que c’était mieux avant, le père de famille responsable, …) permet de comprendre la source de nos tiraillements internes. Des conflits qui, lorsqu’ils ne sont pas pris en compte, nous figent littéralement sur place. La maxime « Ils est urgent d’attendre » prenant alors le pas sur la moindre action.


Une autre clef se situe sur le plan de la conscience des forces énergétiques qui nous animent. Est-ce surtout la PEUR qui me gouverne ou bien un FOI inébranlable en l’avenir ?


Dans le premier cas il serait pertinent d’explorer la maison où résident les croyances qui créent ces peurs. Le siège de cette structure à l’organisation tentaculaire est établi dans le subconscient de notre mental, les succursales installées dans les mémoires émotionnelles et cellulaires de notre corps physique.


La FOI quant à elle prend sa source dans le cœur énergétique, centre de nos émotions soutenants tel que la joie, le curiosité, l’envie d’apprendre ... Encore faut-il s’assurer qu’il s’agisse bien d’une réelle confiance inébranlable et non pas d’une méta-peur de la peur qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes.


Changer peut faire peur quand cela nous demande des ajustements que nous ne sommes pas prêts à réaliser. Des changements TROP importants pour notre psyché!


Il ne s’agit pas ici de la taille du changement extérieur apparent mais bien de celle du(des) changement(s) intérieur(s) qu’il va falloir réaliser afin de continuer à fonctionner « normalement » après le changement. C’est bien sous le capot, dans la complexité de la machinerie humaine, au cœur du mentale que tout se joue.

  • Quelle(s) croyance(s) sont remise(s) en question par ce changement qui s’impose à moi ?

  • Suis-je prêt à le(s) faire (maintenant) ?


Parfois ce sont nos fondations, nos piliers centraux qui nous stabilisent qui sont remis en question. Nos certitudes, notre vision du monde sur lesquelles nous nous sommes construits années après années depuis des décennies qui semblent vasciller. « M’effondrer ? Surtout pas ! » crie cette petite voix apeurée qui préfère que rien ne bouge.


Quand c’est « impossible de changer», alors pour éviter de sombrer, de décompenser, notre psychée joue son va-tout et brandi le joker salutaire : la carte DENI. C’est le STOP, le « pouce » pour dire que j’en peux plus ! C’est trop pour moi !


La psychiatre Elisabeth Kubler Ross a très bien mis en évidence ce mécanisme dans la courbe du deuil. Un renoncement que nous retrouvons dans d’autres processus de changements personnels et professionnels.


Sans un accompagnement bienveillant et empathique qui donne du sens et du temps afin que chacun·e puisse s’ajuster, accueillir la nouveauté à son rythme, le changement se trouve confronté à une levée de boucliers. Des barrières de protections salutaires de notre équilibre personnel qu’il ne s’agit pas de faire tomber à tout prix, mais davantage à entendre, à accueillir et à prendre en compte. Ne parlons-nous pas d’ailleurs d' « Accompagner le changement » ?


Christophe Ferrari

Révélateur de talents

www.christophe-ferrari.com




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