Comment maitriser sa colère ?
- Christophe Ferrari

- 18 nov. 2021
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Une compétence essentielle pour les managers et les leaders

L’émotion la plus mal comprise au travail
Quand la joie est habituellement recherchée pour son côté positif, les autres émotions sont souvent évitées car considérées — à tort — comme « négatives ». La colère remporte souvent la palme des émotions mal-aimées dans le monde professionnel.
Certaines personnes ont même appris à avoir peur de la colère, y compris de la leur.
Dans de nombreuses organisations, l’idéal implicite du manager est celui d’un leader rationnel, calme et maîtrisé en toutes circonstances. Dans cette représentation, la colère apparaît comme une faiblesse, un manque de contrôle ou un risque pour l’équipe.
Pourtant, les recherches en intelligence émotionnelle, popularisées notamment par Daniel Goleman, montrent que les leaders les plus efficaces ne sont pas ceux qui n’éprouvent pas d’émotions, mais ceux qui savent les comprendre et les réguler.
La colère n’est donc pas un problème en soi. Ce qui pose problème, c’est la manière dont elle est ignorée, réprimée ou exprimée.
Les émotions : véritable tableau de bord intérieur
Dans mes ateliers e-Motions, j’observe très fréquemment une forme de méconnaissance de la signification et de l’utilité des émotions.
Car oui, elles sont utiles.
Nombre de personnes n’ont tout simplement jamais appris que les émotions, à l’image des voyants du tableau de bord d’une voiture, sont là pour nous indiquer ce qui se passe à l’intérieur de nous.
Elles nous parlent :
de la satisfaction ou de la non-satisfaction de nos besoins
d’éventuels déséquilibres internes
de tensions entre nos valeurs et la réalité vécue
Dans certaines approches comme la Communication Non Violente, développée par Marshall Rosenberg, les émotions sont précisément décrites comme des indicateurs de besoins satisfaits ou non satisfaits.
Autrement dit :une émotion n’est pas un problème à supprimer, mais une information à écouter.
Pour un leader, apprendre à décoder ces signaux devient alors une compétence clé de self-leadership.
La diabolisation sociale de la colère
La colère — et les personnes dites « sanguines » — font souvent l’objet d’une véritable diabolisation sociale.
Les personnes qui s’emportent sous l’effet de leur colère sont rapidement perçues comme :
dangereuses
instables
ou peu professionnelles
Le message implicite est souvent clair :« La colère, on n’en veut pas ici. »
Dans le monde du travail, cela conduit beaucoup de managers à adopter une stratégie simple : refouler leur colère pour rester « professionnels » au lieu d'apprendre comment maitriser sa colère.
Mais ce mécanisme a un coût invisible.
Car une émotion ignorée ne disparaît pas. Elle reste active dans le système émotionnel.
Ce qui se passe quand la colère est réprimée
Que faire alors de cette gigantesque boule d’énergie qu’il ne faudrait surtout pas exprimer ?
La stratégie (inconsciente) la plus fréquente consiste à retourner la colère contre soi-même.
On l’étouffe, on la ravale, on tente de la contrôler mentalement.
Pourtant, ce refoulement n’est pas sans conséquence.
Lorsqu’une émotion intense est durablement réprimée, l’énergie qu’elle porte finit souvent par trouver un autre chemin d’expression.
Par exemple :
des explosions soudaines (« pétages de plomb »)
une irritabilité chronique
ou parfois des manifestations psychosomatiques
Certaines recherches en psychoneuroimmunologie suggèrent d’ailleurs que le stress émotionnel chronique peut contribuer à amplifier des processus inflammatoires.
On observe alors fréquemment les fameuses maladies en « -ite » :
tendinite
sinusite
bronchite
gastrite
dermatite
Comme si le corps exprimait, à sa manière, une forme d’auto-combustion émotionnelle.
Comprendre la colère : une énergie au service de l’action juste
Existe-t-il une autre option ?
Oui !
Elle consiste à comprendre que la colère est le signal que quelque chose d’important pour nous a été bafoué.
Elle indique souvent que :
une limite a été franchie
une valeur a été touchée
ou qu’un besoin essentiel n’a pas été respecté
La colère devient alors une énergie mobilisatrice.
Au lieu de l’utiliser pour accuser, attaquer ou détruire l’autre, elle peut servir à :
clarifier ce qui est important pour nous
poser une limite
ajuster une situation
ou engager une conversation courageuse
Nous entrons alors dans le domaine du Self-Leadership, au cœur de l’intelligence émotionnelle et du self-care.
La colère cesse d’être destructrice lorsqu’elle devient une énergie au service d’une action consciente et responsable.
Apprendre à maîtriser sa colère : une compétence de leadership
Apprendre à maîtriser ses émotions — et la colère en particulier — nécessite souvent de revisiter certaines croyances profondément ancrées.
Par exemple :
« Un bon leader ne se met jamais en colère. »
« Exprimer sa colère est forcément destructeur. »
« Les émotions n’ont pas leur place au travail. »
Or, maîtriser sa colère ne signifie pas la supprimer.
Cela signifie :
apprendre à la reconnaître
comprendre ce qu’elle cherche à nous dire
utiliser son énergie de manière constructive
C’est une compétence centrale du leadership moderne.
Car un manager qui sait écouter ses émotions devient aussi beaucoup plus capable d’entendre celles de ses équipes.
Et c’est souvent là que naissent :
la confiance
la qualité des relations
et l’engagement durable des collaborateurs
Comment maitriser sa colère ?
👉 La maîtrise des émotions est aujourd’hui une compétence clé du leadership.
Si vous souhaitez développer l’intelligence émotionnelle de vos managers et transformer les émotions en levier de performance collective, je serai heureux d’en discuter avec vous.
Christophe Ferrari
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